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Science-et-Cité 2005 - Plateau de Pérolles

Description du projet, 9 février 2005

Entre conscient et inconscient, comment des scientifiques parlent-ils de la place de l’intuition dans leurs recherches et qu’en perçoit le public ?

Postulat

La conscience transporte une notion de clarté, de perception claire que l’on a de soi, des autres, du monde extérieur. Pourtant n’est-ce pas souvent une connaissance intuitive des choses ?
En tant qu’artiste, j’ai souvent l’impression que les idées flottent dans l’air du temps. Qu’elles échappent à l’état larvaire de l’inconscient collectif et qu’elles doivent un certain temps mûrir dans le plasma ambiant, jusqu’à ce que quelqu’un, par affinité de pensée avec elle, artiste, chercheur, puisse s’en emparer, la formuler et lui donner corps.
J’ai l’impression que les idées ont besoin, pour naître, de deux facteurs :
Dans un premier temps elles doivent pouvoir acquérir un certain degré de maturité dans « le plasma ambiant », puis « trouver preneur ». C’est comme ça que je m’explique aussi que parfois, des génies, peuvent s’emparer d’un germe d’idée et le développer avant qu’il n’ait suivi son processus naturel de maturation. C’est alors une idée en avance sur son temps.
Par contre quand l’époque porte une idée, il arrive que des artistes, ou des chercheurs s’en emparent en même temps et, sans contacts l’un avec l’autre, sans se connaître, développent à leur manière la même idée.
Pour moi, les idées sont toujours « volées ». On n’invente rien, on s’empare d’un bien collectif qui en tant que tel n’est pas « actif », donc « inutilisable ». C’est l’acte d’appropriation qui féconde l’idée. Ce qui, pour moi, n’enlève rien à la valeur de l’artiste ou du chercheur, Au contraire, j’ai l’impression qu’il faut beaucoup d’intuition pour pouvoir s’emparer de ces idées « flottantes » et ensuite beaucoup de savoir faire pour pouvoir lui donner forme et la réaliser.

Le projet

Le projet consiste en une recherche artistique et interactive, menée au travers du processus de création d’un film expérimental sur le thème de l’intuition.
Le film sera un questionnement sur la place accordée à l’intuition dans la recherche scientifique et, parallèlement, dans le travail artistique. Nous allons donc questionner et filmer des chercheurs et des artistes sur ce sujet. Première particularité de ce film : le public réalisera le montage sur le plateau de Pérolles durant le festival Science-et-Cité au moyen d’un système informatique que l’on développe sur mesure pour la création de ce film. Seconde particularité : de manière à créer un parallèle entre le contenu du film et la manière de le monter, nous allons programmer l’interface de manière à ce que le public fasse appel à des processus intuitifs. Cherchant à distinguer l’intuition de l’aléatoire, nous introduirons dans le programme des paramètres, empruntés à la biologie permettant une maturation du film.

Fribourg étant sur la frontière linguistique, il va de soi que le film sera (au moins) bilingue, en allemand et en français…

Développement du projet

Tournage - Avant le festival Science-et-Cité

Nous allons constituer deux banques de données d’éléments filmés. La première composée d’éléments autonomes d’interviews filmées de chercheurs et d’artistes s’exprimant sur la place de l’intuition dans leur travail.
La seconde : d’images additionnelles. Ce seront des clips illustratifs, des images contextuelles. Par exemple : images dans les bâtiments du plateau de Pérolles, images de laboratoires, etc… et d’autres courtes séquences très diverses permettant des illustrations plus symboliques, deuxième degré, « intuitives ».
Les interviews seront découpées en séquences autonomes indivisibles. Une idée exprimée, une réponse à une question, constituerons ces entités. Des images additionnelles pourront se caler sur ces premiers éléments, mais la bande son des séquences d’interviews restera verrouillée. Les clips illustratifs constituants la seconde banque seront sans bande son. Ces documents indivisibles seront appelés les atomes du film.

Pendant le festival Science-et-Cité

Sur le plateau de Pérolles, nous établirons une installation vidéo interactive et nous serons présent en permanence. Nous imaginons un espace convivial où accueillir le public. Nous aurons aussi notre studio de montage, notre matériel de tournage et de projection et nous inviterons le public à composer les « molécules » du film par combinaison des « atomes ».
Le film en travail sera projeté en continuité, en journée sur un moniteur, en soirée, en projection Open Air sur grand écran.
Ce processus sera évolutif. Plus une « molécule » du film passera sans que le public ne la modifie, plus elle gagnera en force, devenant progressivement stable. Ces molécules stabilisées seront à leur tour combinées entre elles, créant des sortes de « mégas molécules » (des séquences montées plus longues), des éléments constitués du film. La part modulable diminuera donc au fil des jours afin de permettre un processus de maturation du film.
Le film étant sans cesse monté en direct, ce processus fera appel à l’intuition. Dans le flux du déroulement du film, les monteurs (public) mixeront le film un peu à la manière d’un DJ, sélectionnant les éléments sur un mode plus intuitif qu’en pleine connaissance de la nature des « atomes ».
Parallèlement, le tournage d’interviews se poursuivra et viendra enrichir la banque d’atomes, ou plasma inconscient. De ce fait nous offrons la possibilité aux chercheurs ou au public, d’introduire dans le jeu de nouveaux éléments, éventuellement en réaction à l’ébauche du film. Ces éléments seront à leur tour retenus ou non par le public.
Le film sera sans cesse « recombiné » et évoluera à partir de cette « soupe » d’idées et d’images.
Règles stylistiques : L’interface à disposition du public sera programmée de manière à rendre possibles certaines opérations et à en verrouiller d’autres afin de respecter les propos des personnes interviewées, la cohérence du film et certains critères esthétiques.
Il est important de préciser que le projet présenté pour Science-et-Cité porte sur le processus de création de ce film et non sur le résultat final, bien que nous conserverons une trace de ce travail sur DVD, soit la version en l’état du film en fin de festival.

Droits d’auteur, considérations légales

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le logiciel ainsi que ses produits (films) seront publiés sous les licences libres suivants:

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